Néoplasie du col utérin

La néoplasie du col de l'utérus est un des cancers gynécologiques les plus fréquents des pays en voie de développement. En Amérique du Nord, le cancer du col est moins fréquent grâce au dépistage par la cytologie du col utérin. L'association avec le Virus du Papillome Humain (VPH) a été démontré. L'infection est nécessaire pour la genèse de la néoplasie mais n'est pas le seul facteur nécessaire. Le dépistage du cancer du col utérin est possible à la phase précancéreuse et cela a permis de diminuer l'incidence du cancer du col. Les souches de VPH les plus souvent associées au cancer du col utérin sont les virus de type 16 et 18. Ces 2 mêmes souches sont incluses dans les deux vaccins actuellement disponibles. D'autres types sont associés au cancer mais moins fréquemment : VPH 31, 33 et 45.

Parmi les autres facteurs de risques : on retrouve deux fois plus de cancer du col utérin chez les fumeuses. L 'immunosuppression soit par infection au VIH (Virus de l'Immunodéficience Humaine) ou médicamenteuse suite au traitement de certaines pathologies (exemple : greffe d'organe) sont aussi des facteurs de risque du cancer du col utérin. L'infection à d'autres types de pathogènes (Herpès, Chlamydia,...) peut aussi être un facteur de risque. Le jeune âge aux premières relations sexuelles semble augmenter les risques. L'utilisation du contraceptif oral pourrait aussi être associé, le risque régresse cependant rapidement après l'arrêt. La multiparité, le niveau socioéconomique faible sont aussi d'autres facteurs mis en cause.

Le traitement du cancer du col utérin dépendra du stade de la néoplasie. Dans les formes précoces, le traitement chirurgical est habituellement favorisé. L'Hôtel-Dieu de Québec est le premier centre en Amérique du Nord à avoir effectué la trachélectomie radicale pour préserver le potentiel de fertilité. La technique a été initialement effectuée par le Docteur Michel Roy qui a ensuite enseignés aux autres membres du service l'art de cette technique.

Le traitement chirurgical standard en l'absence de préservation de la fertilité demande une lymphadénectomie pelvienne bilatérale suivi d'une hystérectomie radicale par voie abdominale ou vaginale selon les circonstances. L'utilisation du ganglion sentinelle est habituellement utilisée dans les cancers du col utérin pour identifier les ganglions ayant le plus grand risque de métastases ganglionnaires. Cette technique permet également de réduire l'étendue de la lymphadénectomie et ainsi les risques de complications.

Pour les patientes présentant un cancer à un stade plus avancé et pour lequel la chirurgie radicale standard n'est pas adéquate, une laparoscopie rétropéritonéale avec lymphadénectomie paraaortique peut être effectuée dans certaines circonstances. Dans les cas où la préservation de la fonction ovarienne peut être souhaitable une laparoscopie avec transposition ovarienne peut aussi être offerte. Essentiellement pour les patientes qui présentent une néoplasie plus avancée, un traitement combiné de radiothérapie pelvienne avec curiethérapie et chimiosensibilisation concomitante sera offerte (cf. guide de pratique).

La chimiothérapie seule est davantage réservée aux situations particulières ou en présence de récidives ou de métastases. Dans ces circonstances le traitement est plutôt à visée palliative puisque la réponse aux agents de chimiothérapie actuellement disponible est marginale et de courte durée.

Hôpital Hotel-Dieu de Québec

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